« Esquisser une écriture picturale, creuset d’infinies musiques intérieures inédites », c’est ce que nous propose cette année le peintre Jacques Reverdy, qui exposera ses toiles pendant toute la durée du Festival, au premier étage de la Maison du Festival, à l’office du tourisme de Pontaumur (entrée libre). C’est en effet un très beau thème de recherche sur les passerelles entre peinture et musique auquel Jacques Reverdy nous invite à réfléchir, tout en nous procurant d’intenses émotions. Sa démarche se trouve ainsi en parfaite adéquation avec les objectifs de Bach en Combrailles. Nul doute qu’il aura plaisir à s’en entretenir avec Gilles Cantagrel, musicologue, qui présente tous les concerts du festival. Et cela pour notre plus grand profit !
Mais la peinture de Jacques Reverdy suscite bien d’autres pistes de reflexion :
« L’aspect non figuratif de la peinture n’exclut en rien la nécessité de s’interroger sur la dimension et l’éventuelle portée du discours induit. Comme dans tout message un contenu est proposé à la lecture.
Il me semble que ma démarche procède d’une dialectique mettant en présence des forces antagonistes et non d’une rhétorique qui s’apparenterait à un discours verbal. En effet, chacun des éléments plastiques pris isolément, ne « raconte » rien d’anecdotique ou de symbolique. Nulle intention de construire un récit dans lequel forme, graphisme, couleur constitueraient les jalons d’une histoire… Il n’empêche que le « regardant » pourra selon sa culture, sa sensibilité, construire son propre récit… ». Jacques Reverdy, notes d’atelier (extraits), avril 2008.
« La combinatoire des données plastiques, si elle ne constitue pas un récit, a donc pour ambition de mettre en place un système énergétique dans lequel masses, graphismes, couleurs s’affrontent, se complètent, se valorisent, se détruisent, selon des exigences qu’il faut redécouvrir pour chaque œuvre… pourtant à la fois semblable à la précédente et jamais la même !
Chacun des éléments plastiques est cependant strictement indispensable (dans l’idéal) : sans l’un d’eux le tableau est autre, de même si l’on ajoute un nouvel élément. Il s’agit bien d’un système d’échange et non d’une somme d’éléments. En cela il rejoint la construction dialectique dans laquelle chaque argument doit trouver sa place sous peine d’affaiblir le discours et donc de ne pas convaincre.
Le but est atteint si l’évidence s’impose : le propos accède alors à l’intangible, il devait être ainsi, il ne saurait être différent ! Cette quête, aux limites toujours repoussées, constitue le ressort exigeant, impérieux jusqu’à l’aliénation, de la nécessité de créer…encore et encore ». Jacques Reverdy, notes d’atelier (extraits), avril 2008.
De formation universitaire (Panthéon, Sorbonne, Institut d’Art et d’Archéologie), Jacques Reverdy a enseigné les Arts Plastiques dans le secondaire et à l’Ecole d’Ingénieurs du Paysage. Depuis 2000, il se consacre à sa recherche artistique.>
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