BWV 155
(Z 25)

Mein Gott, Wie lang, ach lange ?
(Mon Dieu, combien de temps, combien de temps encore ?)


Destination : 2ème dimanche après l’Epiphanie
Date de composition : 19 janvier 1716 (Weimar)
Sources: Autographe
Texte : Salomo Franck (1715)
Effectifs : soprano, alto, ténor et basse solistes, chœur, basson, cordes (violons I et II, altos), continuo.
Plan : Récitatif, Air, Récitatif, Air, Choral
Durée: environ 13 mn

Le choral final n’est pas indiqué sur la partition, on a pris l’habitude de chanter Ob sischs anliess, als wollt er nicht, douzième strophe du choral Es ist das Heil uns kommen her de Paul Speratus (1524) en fa majeur


1.Récitatif (soprano) cordes, continuo (ré mineur/la mineur)

Mein Gott, wie lang, ach lange?
Des Jammers ist zuviel,
ich sehe gar kein Ziel
Der Schmerzen und der Sorgen
Dein süßer Gnadenblick
Hat unter Nacht und Wolken sich verborgen,
Die Liebeshand zieht sich, ach ! ganz zurück,
Um Trost ist mir sehr bange.
Ich finde, was mich Armen täglich kränket,
Der Tränen Maß wird stets voll eingeschenket
Der Freuden Wein gebricht;
Mir sinkt fast alle Zuversicht

Jusqu’à quand, mon Dieu ?
C'en est trop de la désolation,
je ne vois pas de fin
Aux tourments et aux peines.
Ton doux regard miséricordieux
S'est caché dans l'obscurité, derrière les nuages,
Ta main clémente s'est hélas à jamais retirée,
J'ai très peur de ne plus recevoir de consolation.
Chaque jour m'est versée pour m'affliger,
Infortuné que je suis, la pleine mesure des larmes ;
Le vin de la joie se tarit,
Tout espoir ou presque pour moi s'évanouit.


2.Air (duo alto-ténor) basson solo, continuo (la mineur)

Du mußt glauben, du mußt hoffen,
Du mußt Gott gelassen sein!
Jesus weiß die rechten Stunden,
Dich mit Hilfe zu erfreun.
Wenn die trübe Zeit verschwunden,
Sieht sein ganzes Herz dir offen.

Tu dois croire, tu dois espérer,
Tu dois t'en remettre à Dieu !
Jésus sait les heures auxquelles il convient
De t'apporter la joie de son secours.
Une fois le sombre temps passé.
Son cœur te sera tout entier ouvert.


3.Récitatif (basse) continuo (do majeur, fa majeur)

So sei, o Seele, sei zufrieden!
Wenn es vor deinen Augen scheint,
Als ob dein liebster Freund
Sich ganz von dir geschieden;
Wenn er dich kurze Zeit verläßt,
Herz! glaube fest,
Es wird ein kleines sein,
Da er für bittre Zähren
Den Trost- und Freudenwein
Und Honigseim für Wermut will gewähren!
Ach! Denke nicht,
Daß er von Herzen dich betrübe,
Er prüfet nur durch Leiden deine Liebe,
Er machet, daß dein Herz bei trüben Stunden weine,
Damit sein Gnadenlicht
Dir desto lieblicher erscheine;
Er hat, was dich ergötzt,
Zuletzt
Zu deinem Trost dir vorbehalten;
Drum laß ihn nur, o Herz, in allem walten!

Sois donc satisfaite, ô mon âme !
S'il te semble que ton ami bien-aimé
S'est entièrement éloigné de toi,
S'il te quitte pour quelque temps,
Crois ferme, mon cœur,
Que ce ne sera rien,
Car il accordera
En échange des larmes amères
Le vin de consolation et de joie
Et le miel vierge en échange de l'amère douleur !
Ah, ne crois pas
Qu'il t'afflige à plaisir
Il ne fait par la souffrance qu'éprouver ton amour.
Il fait que ton cœur pleure aux heures sombres
Pour que la lumière de sa grâce
T'apparaisse d'autant plus agréable
Il t'a enfin
Réservé pour ta consolation ce qui te délecte.
Laisse-le donc, mon cœur, gouverner en toute chose !


4.Air (soprano) cordes, continuo (fa majeur)

Wirf, mein Herze, wirf dich noch
In des Höchsten Liebesarme,
Daß er deiner sich erbarme.
lege deiner Sorgen Joch,
Und was dich bisher beladen,
Auf die Achseln seiner Gnaden.

Jette-toi, mon cœur, jette-toi encore
Dans les bras affectueux du Très Haut
Afin qu'il ait de toi miséricordeÊ !
Dépose le joug de tes peines
Et tout ce qui jusqu'ici t'accablait
Sur les épaules de celui, qui, dans sa grâce, t'en déchargera.


5.Choral (choeur) tutti (fa majeur)

Ob sichs anließ, als wollt er nicht,
laß dich es nicht erschrecken,
Denn wo er ist am besten mit,
Da will ers nicht entdecken.
Sein Wort laß dir gewisser sein,
Und ob dein Herz spräch lauter Nein,
So laß doch dir nicht grauen.

Bien qu'il semble de pas vouloir se soucier de nous,
N'en prends pas d'inquiétude,
Car c'est quand il est le plus occupé de nous
Qu'il ne veut pas le laisser paraître,
laisse sa parole acquérir pour toi plus de certitude
Et, si ton cœur n'est que refus,
Ne t'abandonne pas à l'effroi.


Association Bach-en-Combrailles