Orgue et Festival Bach en Combrailles
Rétrospective festival 2007
Festival 2007
 
 
 




b6002a63f0096f84c51f94a1eca59822.jpg Brillante entrée en matière, pour le concert inaugural, en l’église de Pontaumur ! Affluence des grands soirs. Le public fait face à l’orgue, étincelant sous les projecteurs. Dès les premières notes, le grand Buxtehude, sous les doigts de François Saint-Yves, nous fait partager, dans un Prélude en ut majeur, sa vision spirituelle d’un univers créé par Dieu. Le décor ainsi planté, Bach n’a plus qu’à s’engouffrer dans la brèche avec trois de ses cantates in dialogo, où le Christ et l’âme humaine s’interpellent et se répondent. La musique et le langage sont presque ceux de l’opéra, mais la conception du monde exprimée ici est bien celle du maître de Lübeck... Petit miracle que nous offrent Les Folies Françoises, sous la direction de Patrick Cohen-Akénine, avec Salomé Haller, soprano, Stephan MacLeod, basse, et, pour les chorals conclusifs, le Chœur Régional d’Auvergne. c39c0181d954c64774e33ecb7edf4d73.jpg 2ac39218282ed425619bad5e7021ba48.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Influence de Buxtehude encore, avec ce très beau concert, dans la petite église de Landogne, où nous découvrons l’œuvre pour clavecin, assez méconnue, de l’organiste de Lübeck, avant de nous replonger dans la magie éternelle de Bach avec le Capriccio sopra la lontananza del suo fratello dilettissimo, morceau de bravoure de musique descriptive, en six mouvements, chacun « sous-titré » dans un sabir germano-italien dont les compositeurs du dix-huitième siècle avaient le secret et dont Gilles Cantagrel, jamais très loin quand il s’agit d’évoquer Bach, allait prendre un plaisir non dissimulé à nous restituer, en bon français, toute la saveur ! Mais l’humour de la mise en scène ne saurait dissimuler l’extrême complexité de ces pièces, exécutées par Béatrice Martin avec cette capacité de concentration et cette grâce qu’on lui connaît.

 

 

 

 

 

 

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En l’église de Saint-Hilaire-la-Croix, l’ensemble The Pleiades Consort nous montre l’influence du maître de Lübeck sur le jeune Bach avec des sonates pour violon, ou viole de gambe, et clavecin.

 

 

 

 

Mais c’est véritablement à l’orgue que Buxtehude fait l’éclatante démonstration de son génie, magnifiquement servi par le brillant organiste hollandais Pieter van Dijk à l’orgue de Pontaumur. Pour beaucoup, la Passacaille en ré mineur BuxWV 161 sera une révélation.

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Gilles Cantagrel retrace pour nous, avec son inimitable talent de conteur, La Rencontre de Lübeck. 67566f43594f9a11e37823540a1c64ef.jpgRécit captivant que l’ensemble Vox Luminis s’est spontanément offert d’illustrer par des motets de Buxtehude et de Bach, donnant ainsi un avant-goût de leur concert du lendemain. Rien d’étonnant alors à ce que la vaste église d’Herment eût peine, le jour suivant, à contenir un public désireux d’en savoir plus.

 

 

Nul doute qu’il ait été comblé : outre un motet de Schütz, des cantates de Buxtehude et une partita de Reincken, deux morceaux de choix, la cantate Jesu meine Freude,  BuxWV 60, et le motet homonyme de  J.S. Bach, BWV 227. Epoustouflant !e2f34ec7b7b8fc6cce48a65eddf3e9b1.jpgee77ab461d04998e0052cee68da65b53.jpg

 

 

 

 

 

 

 

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Quel que fût l’enthousiasme pour Buxtehude, il en fallait aussi pour tous les goûts, et d’autres concerts trouvèrent aisément leur public. Ainsi celui d’Hélène Schmitt, accompagnée de Bertrand Cuiller, qui fit la part belle aux compositeurs italiens contemporains de Bach, Veracini, Bonporti… « J’aimerais tant que ce voyage italianisant autour de Bach attendrisse les cœurs », nous dit-elle… Mission accomplie !6bdda80d06cd100634021014b51613f1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

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Belle idée que celle de la dramaturge et comédienne Emmanuelle Cordoliani de mettre en scène Catherine von Bora occupée à concilier vie quotidienne et enseignements de son Réformateur d’époux… Quand les solutions manquent, airs de cantates ou cantiques de Schemelli prennent le relais, pour notre plus grand bonheur.

 

 

 

ed998f43687d1254d0317c8211143421.jpgDans un registre plus badin, la soprano américaine Claron McFadden, invitée d’honneur du festival, accompagnée au clavecin par Patrick Ayrton, nous invitait à écouter des Airs dévots, sérieux et moins sérieux. Un ravissant Bist du bei mir en bis restera dans les mémoires.f08a47a4aa8061745f7de49761c48cf0.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rémy Cardinale nous fit entendre au piano des arrangements et transcriptions d’œuvres de Bach par Busoni, Liszt et Rachmaninoff. Décoiffant !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mention spéciale, enfin, à Claron McFadden, pour nous avoir dévoilé une facette inhabituelle de son talent, celle de la Jazzwoman, accompagnée au piano par l’excellent Francesco Turrisi, dit Franky en l’occurrence, pour « faire un bœuf », autour de Bach. Mais oui, c’est bien l' Aria des variations Goldberg qu’on a reconnue…

 

 

 

 

 

 

 

dc8ceb249ed2309b3648a1d0240a5437.jpg Pontaumur, c’est aussi une Académie d’orgue qui se tient désormais chaque année, pendant le festival. Magnifique occasion, pour les participants venus de toute la France, de profiter des enseignements de l’excellente organiste et pédagogue Helga Schauerte, mais aussi de pouvoir affronter un « vrai » public, dans le cadre des traditionnelles auditions d’orgue du festival, mini-concerts d’une demi-heure, entièrement gratuits, qui ont lieu chaque jour à midi, en l’église de Pontaumur, et présentés – excusez du peu – par Gilles Cantagrel. Après Helga Schauerte elle-même, dans un programme destiné à révéler toutes les possibilités de l’instrument, ce sont des organistes déjà chevronnés qui se succéderont à la tribune.
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Mais c’est déjà le concert de clôture, judicieusement éclairé par une brillante conférence de Gilles Cantagrel sur ce trésor enfin dévoilé que sont les cent quinze cantates de Buxtehude. Souvent plus brèves, plus archaïsantes dans leur forme que celles de Bach où transparaît bien souvent l’opéra, c’est ce que le concert s’attachera à montrer, avec deux chefs-d’œuvre, Herzlich lieb hab ich dich, o Herr, de Buxtehude, et la célébrissime Ich hatte viel Bekümmernis de Bach, magistralement interprétés par l’ensemble Les Inventions avec Vox Luminis, Claron Mc Fadden, Alain Buet, basse et  Michael Spyres, ténor, sous la direction de Patrick Ayrton qui a décidément plusieurs cordes à son arc. Très beau succès, amplement mérité !

 

 

 

 

 

Bach en Combrailles, c’est une équipe où chacun tient son rôle :

 

 

 

Pascal Chassaing, le décisionnaire8c1956f8a32d41d7d57ccc5429ac29ce.jpg, Patrick Ayrton,cfb2b16d811a2d9da7605b57d1b39f76.jpg le dénicheur de talents,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gilles Cantagrel,e7bed96387cf377a666d9be4f423a676.jpg le propagateur du savoir – vingt interventions en une semaine, ça ne s’improvise pas –, sans oublier tous les bénévoles qui assurent la logistique et l’intendance, toujours dans la bonne humeur.

 

Le résultat ?  Une ambiance ineffable que tous, festivaliers comme artistes, avouent ne retrouver nulle part ailleurs !0089772376e7a4b9050c01f588b661b5.jpg4b7e3cfd5fc1003f4c966617ab064d83.jpg