Concert de clôture

ENSEMBLE

SAMEDI 13 AOUT 21H

La SPEDIDAM accompagne les projets des Inventions « Les Grandes œuvres de Bach ». LA SPEDIDAM est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées

Messe en Si

Stefanie True – soprano
Margot Oitzinger – mezzo-soprano
Alex Potter – alto
Thomas Hobbs – ténor
Peter Kooij – basse
Les Choral Scholars de Trinity College Cambridge
Les Inventions
Patrick Ayrton – direction

BWV 232

Messe en Si

La Messe en si de J. S. Bach

Au soir de son existence, le musicien entreprend la constitution de la Messe, vers 1748-1749, alors que ses yeux l’abandonnent. Des vingt-cinq morceaux qui constituent la Messe telle que nous la connaissons, vingt-deux sont repris à des œuvres antérieures, souvent remodelés pour conférer une unité d’ensemble à l’œuvre nouvelle. Le plus ancien, qui donnera le Crucifixus, remonte à 1714, tous les autres à des dates diverses : trente-cinq ans d’une méditation spirituelle sans cesse reprise, approfondie, enrichie du vécu de l’homme. Cette toute dernière grande œuvre issue de la plume de Bach serait-elle donc un testament spirituel, la méditation de toute une vie ?

Entièrement habité par sa foi, le vieux Bach s’est retiré dans la solitude de son cabinet de travail, penché sur son papier à musique. Wer weiss, wie nahe mir mein Ende, chante le vieux choral, « Qui sait combien ma fin est proche ? ». Ce même dimanche, à l’église, on chante aussi « Dieu bien aimé, quand vais-je mourir ? », et encore « Viens, ô douce heure de la mort ! ». Alors qu’il a achevé les sommes ultimes résumant son art de compositeur, Variations Goldberg, Art de la fugue, le voici qui conclut l’œuvre de sa vie, mettant en ordre tous les grands articles de sa foi personnelle, édifiant dans cette messe abstraite, impossible à exécuter au cours d’une cérémonie à l’église, une gigantesque architecture spirituelle.

Les cinq parties traditionnelles de l’ordinaire de la messe des premiers siècles, Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus et Agnus Dei, qui se chantent en autant de moments précis au fil de la célébration, révèlent des symétries qui n’ont pas pu échapper à Bach. Aux deux extrémités, le Kyrie et l’Agnus Dei sont deux supplications. La Messe commence par le Kyrie eleison, « Seigneur, prends pitié ! » (en grec), et s’achève par le Miserere nobis, « Prends pitié de nous » (en latin, cette fois). En deuxième et quatrième positions, deux acclamations, Gloria in excelsis Deo, « Gloire à Dieu aux plus haut des cieux », et Hosanna in excelsis, qui signifie exactement la même chose. Nouveau parallélisme. Ces deux blocs sertissent, au cœur du rituel, l’affirmation de la foi, le Credo in unum Deum. Mais ce grand morceau central, n’est-il pas justement le moment essentiel pour le croyant Bach ? N’est-ce pas le seul où le fidèle s’exprime à la première personne, même si, selon la tradition luthérienne, ces affirmations sont chantées par le chœur de l’Église universelle ? « Je crois en un seul Dieu », dit-il, avant de décliner tous les articles de sa foi, puis « Je confesse qu’il y a un baptême », enfin, et pour conclure, « Et j’attends la résurrection des morts ».

 

PROGRAMME :

La Messe en Si de J.S Bach

BIOGRAPHIES 

Stefanie True – soprano

Soprano d’origine canadienne, Stefanie True obtient un Master en musique ancienne au Conservatoire royal de La Haye (Pays-Bas), dans les classe de Diane Folano, Barbara Pearson, Jill Feldman et Michael Chance. Depuis, elle chante régulièrement sur les scènes d’Europe, d’Amérique centrale et d’Amérique du Nord dans des opéras, oratorios, festivals, et récitals. Elle s’est entre autres produite en tant que soliste dans la Passion selon Saint Mathieu et la Messe en si mineur ainsi que dans plusieurs cantates de Bach, le Requiem et la Messe du Couronnement de Mozart, le Gloria de Vivaldi, Der Tod Jesu de Graun, La Resurrezione de Händel et le Requiem de Fauré. 1er prix au Concours Händel de Londres en 2009, elle a interprété les rôles de Cephise (L’Europe Gallante, Campra), dirigé par William Christie, Aci (Aci, Galatea e Polifemo, Händel), enregistré récemment avec Opera Concertante; Poppea (Agrippina, Händel); et différents rôles dans The Fairy Queen, de Purcell.

 

Alex Potter – alto

Alex Potter commence sa carrière musicale comme choriste à la cathédrale de Southwark, Londres. Il étudie ensuite le chant et la musicologie au New College (Oxford) puis à la Schola Cantorum Basiliensis auprès de Gerd Türk. Spécialiste de la musique des XVIIe et XVIIIe siècles, Alex Potter travaille avec des chefs tels que Philippe Herreweghe, Thomas Hengelbrock, Daniel Reuss, Frieder Bernius, Philippe Pierlot ou Lars Ulrik Mortenson. Il se produit en tant que soliste notamment au Festivale Internazionale de Musica e Arte sacra de Rome, aux Concerts J. S. Bach de Lutry, et aux Festivals de Beaune et de Rheingau. Il collabore avec la Bachstiftung de St-Gall (Rudolf Lutz) et le Bach Collegium Zürich (Bernard Hunziker). La discographie d’Alex Potter comprend le rôle de Azaria dans l’oratorio Il serpente di Bronzo de Zelenka, le Schwanengesang de Heinrich Schütz avec le Collegium Vocale Gent (Philippe Herreweghe) et Joshua de Haendel avec le Kölner Kammerchor (Peter Neumann).

 

Thomas Hobbs – ténor

Né à Exeter (Angleterre), Thomas Hobbs a étudié au Royal College of Music et à la Royal Academy of Music de Londres et a été Jeune Artiste de la Royal Philharmonic Society, Associate Artist de la Classical Opera Company et membre de l’Académie du Festival d’Aix-en-Provence.

Thomas Hobbs est invité en soliste avec les plus grands ensembles de musique ancienne et baroque, se produisant dans l’Europe entière et aux États-Unis. Il travaille régulièrement, notamment, avec Philippe Herreweghe et le Collegium Vocale Gent (CGV), ainsi qu’avec Raphaël Pichon et l’Ensemble Pygmalion. Il a chanté récemment l’Évangéliste des Passions de Bach avec le Chœur du King’s College de Cambridge, le Concert lorrain et l’Ensemble Pygmalion, les airs des Passions avec l’Academy of Ancient Music, le CVG et Ex Cathedra, la Messe en si mineur de Bach avec le CVG, le Concert lorrain, l’Akademie für Alte Musik de Berlin, la Bach-Akademie de Stuttgart et le Bachchor de Fribourg.

 

Peter Kooij – basse

Peter Kooij débute sa carrière musicale à six ans comme petit chanteur dans le chœur dirigé par son père. Après des études de violon au conservatoire de Utrecht, il suit des cours de chant auprès de Max van Egmond au Sweelinck-Conservatorium d’Amsterdam ou il obtient son diplôme de soliste.

C’est dans les salles de concert les plus prestigieuses au monde, comme le Concertgebouw Amsterdam, Musikverein Wien, Carnegie Hall New York, Royal Albert Hall London, qu’il a chanté sous la direction de Philippe Herreweghe, Ton Koopman, Frans Brüggen, Gustav Leonhardt, René Jacobs, Sigiswald Kuijken, Roger Norrington et Iwan Fischer. Il a participé à la production de plus d’une centaine de CD’s pour Philips, Harmonia Mundi, Sony, Virgin Classics, Erato et BIS. Cette dernière maison l’a invité pour enregistrer l’intégrale des cantates de Bach avec le Bach Collegium. Depuis 2005 professeur de chant au Conservatoire Royal à La Haye, Peter Kooij donne des masterclasses en Allemagne, en France, au Portugal, en Finlande et au Japon.

 

The Choral Scholars of Trinity College Cambridge

Créé en 2013, l’ensemble The Choral Scholars of Trinity College Cambridge est issu de l’illustre formation historique, le Trinity College Choir. L’idée était de créer un ensemble plus restreint, mobile et adapté à différents lieux et répertoires. Depuis, les Scholars ont connu un vif succès à travers le Royaume-Uni et à l’étranger, obtenant de nombreuses invitations et distinctions. Les chanteurs sont soit des membres actuels ou anciens du Trinity Choir, dirigé par Stephen Layton, récemment élu le 5e meilleur chœur du monde

par le magazine Gramophone, et ayant effectué des tournées aux États-Unis, Canada, en Australie et en Allemagne. A noter aussi que le Trinity Choir enregistre régulièrement pour le label Hyperion et qu’il a fait l’objet de plusieurs nominations aux Grammy Awards. En période scolaire, ces chanteurs effectuent trois services de Vêpres (Evensong) par semaine dans la chapelle du College (16e siècle), et se produisent lors d’autre manifestations officielles au sein de l’Université. C’est la première tournée en France des des Choral Scholars of Trinity College Cambridge.

les chanteurs sont soit des membres actuels ou anciens du Trinity Choir, dirigé par Stephen Layton, récemment élu le 5e meilleur chœur du monde par le magazine Gramophone, et ayant effectué des tournées aux États-Unis, Canada, en Australie et en Allemagne.

Les Inventions

Fondé par Patrick Ayrton en 2005, l’ensemble de musique ancienne Les Inventions s’affirme au centre d’un réseau de complicités musicales qui s’étend à toute l’Europe et se signale par des concerts, enregistrements et projets pédagogiques. Cette formation internationale s’attache à réinventer le concert classique en renouant avec l’ancien usage de librement mêler musique, poésie et danse au sein d’un même spectacle. Les Inventions travaillent également à révéler des œuvres de compositeurs oubliés afin de les remettre au répertoire. Ainsi, l’ensemble a gravé en première mondiale une sélection de concertos et symphonies du compositeur bourguignon Joseph Touchemoulin (1727-1801), redécouvert par Patrick Ayrton en 2005. En France et à l’étranger, Les Inventions ont participé à de prestigieuses séries de concerts : Opéra de Dijon, Centre Lyrique d’Auvergne, Les Journées Musicales d’Automne de Souvigny, les festivals internationaux de Ravello et Magnano (Italie), les Concerts Bach de Lutry (Suisse), Musique Ancienne à Baarn (Pays-Bas), etc. L’ensemble est en résidence depuis 2007 au Festival Bach en Combrailles. Sa discographie, chez les labels Ramée et Signum, comprend des œuvres choisies de Henry Purcell (coup de cœur de la Critique du BBC Magazine, 2014), en collaboration avec le célèbre ensemble vocal anglais VOCES8. Une sélection de Psaumes de David du compositeur vénitien Benedetto Marcello (version Charles Avison, 1757) toujours avec VOCES8 chez Signum, a paru en première mondiale en septembre 2015. L’ensemble a collaboré avec le Chœur de la Radio de Riga et s’est récemment distingué dans l’interprétation des Passions de J. S. Bach.

Patrick Ayrton – direction

Patrick Ayrton partage sa vie entre les claviers et la direction musicale. En 1980, il entre à l’Académie de Vienne en Autriche où il étudie l’orgue, le clavecin et la direction dans les classes d’Alfred Mitterhofer et Erwin Ortner. Il est lauréat des concours d’orgue d’Innsbruck en 1983, et de Bruges en 1985. Patrick Ayrton donne des cours d’interprétation en Italie, en Russie (Conservatoire Tchaikovsky, École Gnessin), en République Tchèque, en Autriche (Académie d’été du Mozarteum de Salzburg) et à l’université Yonsei de Séoul. Il a participé au tournage du film documentaire “Francis Tregian, Gentleman et Musicien” (1996), inspiré du roman d’Anne Cuneo “Le Trajet d’une Rivière”. Comme chef d’orchestre, il a travaillé avec plusieurs formations, dont l’Orchestre d’Auvergne, l’Académie de Chambre de Potsdam, l’Orchestre de Chambre de Munich, l’Orchestre de l’Opéra de Dijon, l’Orchestre Pasdeloup et l’Orchestre de Cannes. Il enseigne la musique de chambre et l’improvisation au Conservatoire Royal de La Haye.