Hommage à Angélique Pourreyron avec l'Ensemble El Sol

C’est en 2016 en Auvergne que l’ensemble El Sol voit le jour, lorsqu’un festival demande à Angélique Pourreyron un programme autour du baroque espagnol. Avec son amie et collègue Chloé Sévère, elles découvrent à cette occasion un répertoire encore inconnu et pourtant magnifique. Après un 1er concert plébiscité, elles décident de fonder un ensemble consacré à la musique baroque espagnole et sud-américaine.  Leurs recherches les amènent à élaborer un projet d’enregistrement inédit autour des airs en espagnol à la cour de Louis XIII : « REINAS », enregistrement qui sortira en novembre 2019 au label MIRARE.

Ce concert, dédié à Angélique, représente tout leur travail de recherche, mais aussi le lien fort qui unit les musiciens de l’ensemble El Sol.

Originaire de Clermont-Ferrand, bien connue des artistes et du public clermontois et au-delà, Angélique Pourreyron avait un lien étroit avec le village de Miremont où sa famille était installée. Angélique nous a quittés en juin 2020 des suites d’une longue maladie. Le Festival, en étroite complicité avec ses parents, a souhaité lui rendre hommage avec ses amis musciens de l’Ensemble El Sol, qu’elle avait co-fondé.

Reinas

Airs en espagnol à la cour de Louis XIII

En France en 1615, Louis XIII épouse Anne d’Autriche, l’infante d’Espagne. La nouvelle reine arrive à la cour française accompagnée d’une multitude de courtisans espagnols : elle y impose ses dames de compagnie, ses troupes de théâtre et de danses, sa mode vestimentaire… En son hommage – et sous l’influence de ce microcosme hispanique – les compositeurs français s’inspirent de cette vogue et écrivent des airs de cour dans cette nouvelle langue.

Etienne Moulinié publie divers ouvrages, dont dix airs de cour en espagnol (plusieurs d’entre eux célébrant le mariage royal).

Gabriel Bataille gagne en 1617 le titre honorifique de Maître de musique de la maison d’Anne d’Autriche. Il publie douze airs en espagnol, dont la plupart sont des arrangements qu’il fait d’airs de compositeurs espagnols.

En Espagne en 1701, Philippe V épouse une jeune princesse française, Marie-Louise-Gabrielle de Savoie. Le maitre de musique de la reine n’est autre que le compositeur et guitariste Santiago
de Murcia. Composant essentiellement pour guitare des pièces à caractère espagnol (Tarentelas, Las Bacas, Las Penas…), il s’essaie à l‘écriture de plusieurs pièces d’inspiration française en hommage à sa reine (Jacaras Francesca, « Jacara Française »).

Gaspar Sanz, quant à lui, est très influencé par les différentes cultures musicales européennes (notamment italiennes et anglaises) ; prêtre, compositeur, guitariste et organiste espagnol, il compose plusieurs pièces d’inspiration française, dont une Zarabanda Francesca (« Sarabande Française ») et un Clarin de los Mousqueteros del Rey de Francia (« Trompettes des Mousquetaires du Roi de France »).

La musique de Murcia et de Sanz, originellement composée pour guitare solo, a été la base de tout un travail de
transcription et d’instrumentation selon l’effectif de l’ensemble El Sol. Ces pièces sont ici révélées sous un nouvel angle, mises en lumière par les couleurs d’un instrumentarium inédit.