Le Concert Étranger, La Passion selon saint Marc  BWV 247

Après la Passion selon saint Matthieu (2014), La Passion selon saint Jean (2015), « l’autre passion », bien moins connues méritée d’être présentée au Festival Bach-en-Combrailles. Mais plus encore, cette Passion sera présentée dans un cadre liturgique. En faisant appel à la participation du public, cette Passion nous plongera dans l’univers sonore du Vendredi saint à Leipzig, avec les cloches, des préludes à l’orgue, des psalmodies, des chorals chantés par l’assemblée et un motet…

Cette Passion selon saint Marc, donnée la première fois en 1731, est une parodie puisque pour l’écrire Bach a repris la musique de plusieurs œuvres composées les années précédentes. Était-il à court de temps ? Aimait-il particulièrement sa cantate funèbre Laß, Fürstin, laß noch einen Strahl pour l’avoir reprise intégralement ? Il a aussi composé des récitatifs et des choeurs pour constituer une Passion complète, mais dont le manuscrit original est perdu.

La réapparition récente d’un livret à Saint-Petersbourg a révélé que l’œuvre a été reprise et augmentée en 1744. Enthousiasmé par cette découverte, l’ensemble Le Concert Etranger a confié à l’organiste Freddy Eichelberger, la tâche à la fois ambitieuse et humble d’écrire tout le récit évangélique sur le texte de Luther. En composant les récits manquants, en reprenant aussi deux airs extraits d’autres cantates, ce travail renouvelle les procédés dont Bach faisait souvent usage et constitue la première reconstitution de la Passion selon saint Marc de 1744.

Le Concert Etranger

Créé par Itay Jedlin en 2006, le Concert Étranger réunit de jeunes musiciens venus d’horizons aussi divers que Paris, Athènes, Montréal, La Havane, Tokyo et Jérusalem, partageant la même passion d’une interprétation fidèle du répertoire baroque, soutenue par une recherche musicologique et artistique. L’originalité de l’ensemble réside dans son effectif, qui peut aller du quatuor jusqu’à une formation plus étoffée, comme un orchestre et un choeur au complet. Son continuo fourni et varié peut soutenir une dynamique quasi orchestrale dans la musique de chambre, ou susciter un caractère intime et détaillé dans le répertoire orchestral ou vocal, tout en travaillant les couleurs et les textures instrumentales individuelles.

Le Concert Étranger a le souci de replacer ses concerts dans une cohérence musicale et culturelle, dans un moment artistique élargi qui peut se référer à un temps liturgique, à un instrument historique, ou encore illustrer un lieu, son architecture et son décor. Certains programmes font appel au théâtre, au ballet ou à la poésie ; tous ont l’ambition de révéler ces affinités artistiques, en plaçant la musique dans son temps, dans son lieu, au milieu de ses soeurs. L’ensemble a été en résidence au Centre de musique ancienne de Sarrebourg, s’est produit au Festival Sinfonia en Périgord, MA Festival de Bruges, Pâques en Musique de Lausanne, à la Cité de la Voix de Vézelay, au Festival Marin Marais et dans plusieurs saisons musicales de l’église Saint-Germain-des-Prés et au Temple des Billettes à Paris.

En 2014 l’ensemble a présenté des projets au Midsummer Festival d’Hardelot ainsi qu’au Festival de Sablé. La même année, le Festival d’Ambronay invitait le Concert Étranger à donner la Passion selon Saint Jean de J.S. Bach, suivie en 2015 par une reconstitution de sa Passion selon Saint Marc et en 2016 par la Passion selon Saint Matthieu. En 2017 l’ensemble revient au Festival de Sablé avec la Messe en si de J.S. Bach.

Plusieurs de ces concerts étaient retransmis en direct par France Télévisions, Mezzo et France Musique.