Cheminer avec Jean-Luc Ho

Qu’allons-nous apporter à Jean-Luc Ho ? Et que va-t-il nous apporter ? Il faut laisser le temps nous donner toutes les réponses mais déjà nous pouvons dire que c’est la possibilité pour le festival de construire des programmes qui répondent aux lignes que nous souhaitons explorer. Mais une résidence ce n’est pas seulement « des dates dans la programmation ». C’est aussi un orgue exceptionnel sur lequel nous souhaitons approfondir le répertoire pour lequel il est destiné : la musique de Bach bien entendu mais aussi plus précisément la musique allemande de la fin des XVIIe et début du XVIIIe siècles. C’est aussi la perspective d’envisager avec l’artiste des enregistrements sur l’orgue mais aussi le vaste domaine de l’action culturelle à destination des divers établissements scolaires.

 

Pourquoi Jean-Luc Ho ?

En 2015, Jean-Luc Ho ne savait pas 24h avant son récital qu’il allait venir dans les Combrailles. Nous l’avons appelé à la dernière minute pour remplacer une artiste empêchée de se rendre en France pour son récital au festival. Une profonde amitié s’est liée avec l’équipe du festival et « l’esprit Bach en Combrailles » a fait le reste.

Enfin, il y a l’artiste pour lequel nous avons une profonde estime. C’est toujours un exercice délicat de décrire le jeu d’un musicien, comment en effet parler de « l’art de l’invisible » comme le dit Claudel ? Sans noircir des lignes d’un verbiage psychologico-musical, disons simplement que Jean-Luc Ho ne joue pas du bout des doigts. Il prend la musique à bras le corps avec une respiration toujours juste, laissant de côté toute forme de préciosité souvent attachée au répertoire qu’il explore.

Enfin, ce « ton juste », se signale aussi par le rapport particulier qu’il entretient avec ses compagnons de route : clavecins, orgues, clavicordes… Avec cette résidence, nous invitons Jean-Luc à regarder du côté des Combrailles et à débuter un compagnonnage avec l’orgue de Pontaumur pour travailler, pour respirer.

Ce sera l’occasion pour lui d’engager, par exemple, un travail sur la musique allemande et plus particulièrement sur l’œuvre de Georg Böhm. Ce dernier est une personnalité centrale dans l’éducation de notre jeune Bach. Mieux connaître ce compositeur, c’est nous donner des clés pour appréhender différemment l’œuvre de son élève. L’orgue de Pontaumur est donc tout indiqué pour ce projet artistique sur la musique allemande, qu’il ne peut aborder en France que dans la « Thuringe française » : les Combrailles. Mais il y a aussi Bach et l’exploration de grands cycles d’œuvres pour les claviers que nous aurons le plaisir d’entendre les prochaines années.

Pour toutes ces raisons, Jean-Luc Ho est un ambassadeur du festival qu’il portera dans ses nombreuses pérégrinations musicales. Toute l’équipe du festival se joint à moi pour le remercier d’entrer dans l’aventure de Bach en Combrailles et pour faire ce bout de chemin ensemble, jusqu’à nos 20 ans.