Le Festival 2018

« Avoir 20 ans »

En 1705, trois illustres compositeurs célèbrent leurs 20 ans : Bach, Scarlatti, Haendel. Bach était en poste à Arnstadt, sur ce même orgue dont la copie orne la tribune de notre petite église de Pontaumur. C’est à cet âge que Bach entreprend cette grande traversée vers le Nord pour s’offrir ces quelques mois de liberté artistique et de découverte d’un des grands maîtres de son temps, Buxtehude. Haendel, lui, s’installe à Hambourg et obtient un de ses premiers succès avec l’opéra Almira. Scarlatti, quant à lui, baigne dans l’opéra depuis trois ans et est déjà le compositeur de la Chapelle royale de Naples. John Eliot Gardiner,  dans son copieux essai Musique au château du ciel a très bien montré comment le parcours de Bach aurait pu, à cet âge, prendre une voie bien différente : celle du faste des cours, des paillettes de l’opéra.
Mais son choix sera celui de l’humble Thuringe, du cercle familial, de l’exigeant contrepoint, de l’éducation de ses enfants, des cantates, du service divin. Avec le recul, nous pourrions dire aussi, d’une certaine forme d’humilité, pour un résultat musical que l’on sait incomparable.

L’œuvre de Bach est le fondement artistique de ce festival et l’humilité en est le creuset. En effet, c’est la musique elle-même qui a donné naissance à ce projet, et non un lieu patrimonial à valoriser. Ici, pas de château du XVIIe, pas d’abbaye du XIIe siècle ! Si tout le monde connait Bach, nous sommes souvent obligés de faire un petit précis de géographie pour situer les Combrailles. Il fallait bien ce petit coin humble et accueillant d’Auvergne pour voir grandir ce qui est aujourd’hui le plus important festival consacré à Bach en France.

Pour célébrer cet anniversaire, nous ne regarderons pas seulement nos 20 ans avec satisfaction. Pour en arriver là il y a eu beaucoup de joie, une grande peine et beaucoup d’espoir. Après avoir créé un festival et un orgue, il manquait cette nouvelle étape : créer de la musique. Comment ne pas aborder ce vaste domaine de la création, alors même qu’il s’agit d’explorer dans ce festival l’œuvre d’un des plus grands créateurs de la musique ? Ce projet qui me tient à cœur depuis trois années se concrétisera par la création mondiale d’une cantate de Philippe Hersant. Cette cantate, construite sur le choral Nun komm der Heiden Heiland, sera demain l’ambassadrice de ce festival, mais plus généralement de ce territoire.

Des Concertos Brandebourgeois, aux Variations Goldberg, en passant par l’Offrande Musicale et en fil rouge, l’œuvre de Philippe Hersant, je suis impatient de retrouver une équipe, un public, des artistes et des partenaires fidèles, pour vivre ces moments uniques de complicité et de souvenirs qui nous nourrissent une année entière et qui bien souvent nous dépassent.

Joyeux anniversaire !

Vincent Morel,
Directeur artistique du festival Bach en Combrailles

Festival 2019

Ouverture du festival 2018, Antoine Anquetil, Président du festival et Vincent Morel, Directeur artistique © Antoine Thiallier